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Histoire du SNAT depuis 2003...

Dans un souci de transparence, le texte ci-dessous retrace en détails l'historique et les actions du SNAT. Un article plus synthétique peut être consulté sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia.

C'est en 2003 que naît le Syndicat National des Artistes Tatoueurs (Journal Officiel du 24 mai 2003). Deux figures bien connues du tatouage français sont à l'initiative de ce projet : Tin-tin (Paris) et Rémy (Etampes).
Leur objectif est ambitieux : regrouper des tatoueurs ayant pour but la défense et la reconnaissance du tatouage artistique et créatif en France, et faire reconnaître le tatoueur créatif comme un artiste à part entière auprès de l'Etat et du Fisc.
Le tatoueur français a en effet la réputation d'être de caractère individualiste. C'est pourtant cette dispersion qui l'a empêché d'être entendu par les pouvoirs publics, malgré des revendications qui datent alors de plus de 20 ans. Au-delà du morcellement du tatouage français, l'imperméabilité de l'administration représente depuis toujours un mur difficile à entailler.
Pourtant, suivi à ce jour par plus de 1000 membres (lorsque l'hexagone compte a priori plus de 3000 professionnels déclarés), le SNAT a mené des actions qui, loin de nuire à qui que ce soit,profitent aujourd'hui à TOUS les tatoueurs français, syndiqués ou non. Des impératifs de survie ont en effet amené le syndicat à lutter contre des projets de règles sanitaires inadaptés qui risquaient de signer la mort de nombreux studios, des conventions de tatouage, et la renaissance des activités clandestines...

Quelques semaines après sa création, le SNAT propose en téléchargement libre et gratuit une Charte d'hygiène (archive PDF), rédigée en collaboration avec un professionnel de la santé. Jusqu'en 2008, date de publication du premier décret apportant des règles sanitaires officielles à la pratique du tatouage, le document est utilisé comme référentiel par différentes administrations de contrôle.

Parallèlement à la diffusion de cette Charte, les représentants du SNAT, en particulier son président, Tin-tin, assistés de Maître Benjamin Mercier, Avocat à la Cour de Paris, et soutenus par le député-maire d'Etampes, M. Franck Marlin, s'efforcent d'appeler l'attention du Gouvernement et des pouvoirs publics sur les suppliques des tatoueurs français : interpellation des Ministres de l'économie, de la santé, de la justice (voir à ce sujet les différentes questions à l'Assemblée), coopération avec l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sur les questions liées aux encres de tatouage, alerte des médias et de l'opinion publique sur des projets de réglementation inadaptés, mise à disposition d'un forum en ligne...
En novembre 2004, le syndicat lance une pétition "contre les mesures bientôt imposées aux tatoueurs".

Le 13 décembre 2004 marque un pas concret du SNAT : le président du syndicat est reçu au Ministère de la santé. Il repart avec la promesse d'être associé aux projets de règlementation esquissés par les services ministériels.
Suite à cette rencontre, Tin-tin tente de reprendre contact règulièrement, par téléphone et par courrier, avec l'Attaché parlementaire qui l'a reçu. Il continue parallèlement à coopérer avec les services de l'AFSSAPS sur les alertes sanitaires. Dans le même temps, le dossier TVA suit son cours : l'avocat du SNAT, Maître Mercier, intervient auprès des adhérents ayant entamé une procédure de demande de "restitution du trop perçu sur les trois dernières années" auprès des services fiscaux.
Malgré les sollicitations répétées de Tin-tin durant plusieurs mois, le Ministère reste silencieux. Afin de secouer les volontés politiques, l'idée d'une action de type manifestation se dessine doucement ...

Le 7 octobre 2005, c'est l'étincelle : le SNAT apprend, par une communication émise sur un site Internet provisoirement créé (tattoovigilance.org), qu'une réunion s'est tenue le 22 septembre 2005 à l'initiative de l'AFSSAPS, dans le but d'approuver un projet de "Bonnes pratiques de fabrication des produits de tatouage". Ont été réunis des membres de l'AFSSAPS, un représentant du Ministère de la santé, cinq représentants du "maquillage permanent", ainsi que deux fabricants d'encres de tatouage (dont l'un est à l'origine du site tattoovigilance.org).
Le compte-rendu diffusé par "tattoovigilance" mentionne que c'est "en l'absence de représentation professionnelle" que les deux fabricants "se sont placés en porte-parole de 6842 [?!] confrères tatoueurs français". Le SNAT et tous les tatoueurs français ont été purement et simplement occultés de la situation... Le compte-rendu rapporte également que les "questions relatives aux instrumentations, aiguilles, aux fournitures, aux locaux, aux qualifications, aux labels, aux garanties de confidentialité de l'AFSSAPS" ont été "systématiquement détournées ou plus ou moins adroitement éludées". Quant à la question budgétaire, relative à l'adaptation des locaux actuels aux futures normes, le représentant du Ministère de la santé a répondu, selon le même compte-rendu : "Les subventions ou facilités de crédit sont abandonnées, vous êtes trop petits et en l'état, pas assez représentatifs". Au rappel du second fabricant sur l'existence du SNAT, le verdict du représentant ministériel est resté dans les mémoires : "Vos syndicats sont inexistants. Ils s'installent pendant six mois, puis se disloquent." Une belle preuve d'ignorance et de mépris pour le sujet !
Un dernier aspect surprenant interpelle le syndicat. Il concerne le projet de "Bonnes pratiques de fabrication des produits de tatouage" : "Ces textes franco-français, s'ils sont adoptés par le Conseil d'Etat, seront rapidement communiqués au Conseil de l'Europe comme texte de référence pour une mise en application communautaire envisageable dans les autres pays de la CEE dans les trois années à venir." Tout le monde ignorait que les projets français pouvaient constituer une référence pour la communauté européenne...
C'est donc à l'issu de cette réunion que l'un des fabricants décide de constituer un second groupe officieux de tatoueurs (il n'a jamais été formalisé par la création d'une structure, associative ou autre), représenté par le très éphémère "tattoovigilance.org".
Le bureau du SNAT, informé de la tenue de cette réunion seulement deux semaines après, décide rapidement de diffuser un communiqué sur son site Internet, dans lequel il constate "le non-sens du discours politique, le total mépris pour les multiples sollicitations des tatoueurs à être associés à un projet commun, ainsi que le déni de tous les communiqués du SNAT en direction des médias (presse, télé, radio) et l'indifférence des autorités sanitaires envers les différents appels lancés par le SNAT." Le syndicat confirme une déclaration émise par le représentant de Tattoovigilance : "L'action collective et la solidarité sont aujourd'hui plus qu'indispensables !". Il annonce alors sa décision d'organiser une manifestation des tatoueurs et des tatoués à Paris, afin "d'exiger d'être reçus et entendus".

Dans le même temps, il lance une campagne de sensibilisation de l'opinion publique, invite tatoueurs et tatoués à solliciter leurs élus, et prépare un rapport complet à destination des politiques. Le dossier de 44 pages, rédigé par Grenouille, secrétaire du SNAT, retrace la situation du tatouage et des tatoueurs en France ("Hygiène, Statut, Règles communes : des revendications de longue date"), validé par des personnalités du tatouage français (Tin-tin, Rémy, BB'R, Stéphane Chaudesaigues, et Jérôme Pierrat, rédacteur en chef de Tatouage Magazine) ainsi qu'Olivier, formateur en piercing (Corptech), et Nicolas Cohen, alors étudiant en droit.

Le samedi 3 décembre 2005 est une date historique pour le tatouage français. On est au Ministère de la Santé à Paris, il est 14h. Les premiers manifestants arrivent timidement, le temps est froid et pluvieux, les forces de l'ordre sont au rendez-vous... Petit à petit le groupe s'étoffe, les banderolles se lèvent, un tatoueur arrive en renfort avec son porte-voix : Christian de Belleville est l'animateur improvisé de la manifestation...
150 à 250 personnes ont fait le déplacement : Un chiffre plutôt faible en regard du nombre supposé de studios ouverts en France, mais cette fois c'est bien la "qualité" des noms présents qui fait de cette date un fort symbole pour le tatouage français. La majorité des manifestants ont en effet traversé la France pour être présents.
Parmi eux, notamment : Tin-Tin, Rémy d'Etampes, Dimitri (St-Germain-en-Laye), la famille Chaudesaigues, Blaise, Sacha, Issa, BB'R, Navette, Pascal (L'Homme Illustré), Franck du Havre, Laura Satana, Denis GRRR, Greg de Monkey Studio, Julien de Fréjus, Fabrice (Sreaming Needle), Alex du Tattoo Syndicat (St Laurent du Var), Jack Ribeiro (Metz), Vincent (Nantes), Crazy Tattoo (Annemasse), Body'n'Soul (Cognac), Pic Art Tattoo (Chauny), Mystic Tattoo (Grenoble), Steel Box (Montpellier), Titi Style Tattoo (Annemasse), Aspic Tattoo (Bayeux), Atypic Tattoo (La Roche/Yon), Fred Laverne, Didier Ra, Atyka (Toulouse), Attentat Dermik (Loire Atlantique), Bop'John (Bourges), Bernard Soufflet, Gégène Tattoo (Montargis), Tewfick Tattoo (Angers)... Jamais la profession ne s'est autant mobilisée autour d'un objectif commun. Les plus courageux, une dizaine de tatoueurs ou tatoués, n'hésitent pas à affronter le froid de décembre pour dévoiler leurs corps encrés. Après deux heures de manifestation hivernale, un représentant ministériel accepte une rapide entrevue avec le président du SNAT, qui lui remet les pétitions rassemblées depuis plus d'un an, et obtient un rendez-vous, programmé quelques jours plus tard, avec les responsables du dossier à la DGS.



Les manifestants se dispersent finalement vers 16h30, la plupart se retrouvent au chaud autour d'un verre, histoire de faire durer le rassemblement. Ceux qui sont venus de loin repartent vers la gare pour ne pas rater leur train retour.
La journée du 3 décembre représente concrètement le souhait des fondateurs du SNAT : fédérer les tatoueurs autour d'une cause commune pour obtenir l'attention des pouvoirs publics. Car l'attention de la DGS est désormais acquise.
Ce rassemblement n'a pas été vain, mais il n'est qu'une étape. Comme le remarque très justement Jérôme Pierrat, dans l'édito de Tatouage Magazine n°48 (janvier/février 2006) : "Finalement de quoi se plaignent-ils ? Un syndicat... Le droit de manifester... Ne serait-ce pas là une vraie reconnaissance sociale, voire le début de la fin de la marginalité ?"

Le 12 décembre 2005, Tin-tin et Rémy sont reçus par la Direction Générale de la Santé à Paris. Ils demandent à faire entendre la voix des tatoueurs sur le contenu du projet de réglementation préparée par la DGS sur les conditions d'hygiène de leurs pratiques et sur l'équipement de leurs studios. Les représentants ministériels indiquent cependant aux tatoueurs que la procédure réglementaire est en marche depuis plusieurs mois : la publication d'un décret est déjà programmée pour la fin de l'année. Le discours persiste donc : la profession est inexistante légalement (au contraire des esthéticiennes par exemple, qui ont elles été consultées), la consultation des tatoueurs et des perceurs ne peut constituer une entrave à la validation des textes. La DGS accepte cependant de communiquer immédiatement le texte du projet au SNAT et lui "donne" dix jours pour apporter ses éventuels commentaires écrits : le texte doit être "bouclé" pour Noël...
On peut relever que le SNAT, à l'occasion de cette réunion, transmet à la DGS les différents communiqués du groupe Tattoovigilance, pourtant absent et opposé à la manifestation qui s'est tenue il y a quelques jours. Le syndicat communique enfin son dossier sur la situation du tatouage français.
Les jours qui suivent, il s'attelle à la lecture détaillée des textes qui lui ont été confiés. Le déchiffrage du document règlementaire est relayé en temps réel sur le forum en ligne du syndicat afin de relever les commentaires des adhérents. Les projets annotés, accompagnés d'une synthèse de lecture, sont transmis au Ministère le 19 décembre 2005.

Le 22 décembre 2005, la DGS prend acte des commentaires du SNAT sur les textes : à l'issue de la réunion, elle décide de reporter la finalisation du projet règlementaire afin d'examiner les différentes propositions des tatoueurs. Le SNAT est donc parvenu à convaincre les responsables du dossier de la nécessité d'une révision des textes, et a empêché in extremis le vote d'une règlementation inadaptée, qui aurait signé la mort des studios ou leur retour à la clandestinité. Quelques jours plus tard, Tin-tin adresse ses remerciements au Dr Yves Coquin, interlocuteur ministériel des deux précédentes réunions.

2006 voit malheureusement le scénario de l'année passée se reproduire : malgré les sollicitations répétées de Tin-tin, qui souhaite la mise en place des groupes de travail promis en décembre, le Ministère reste à nouveau silencieux.
Le 17 mai 2006, le président et le trésorier du SNAT sont convoqués au Ministère de la santé pour être consultés sur la future règlementation relative aux produits de tatouage (en application de la Loi du 9 août 2004) : la discussion porte sur la stérilité des encres et la délivrance des monodoses. Les contre-arguments des représentants du SNAT sont peu entendus, les questions de coût sont éludées. La rencontre étant exclusivement dédiée à la question des monodoses, aucun autre sujet (projets de règlementation) ne parvient à être discuté : le SNAT craint désormais que les requêtes de décembre, pourtant bien accueillies alors, soient de nouveau mises à l'écart...

Le 27 juillet 2006, à l'image des tatoueurs et du SNAT, un collectif de professionnels du piercing met en place une nouvelle structure fédératrice : le SPPF, Syndicat des Perceurs Professionnels Français. La démarche se voulant complémentaire des associations déjà existantes, SNAT et SPPF établissent dès le départ une concertation afin de mettre à profit leurs énergies communes pour voir avancer le dossier qui les préoccupe tous deux, tout en veillant à préserver la spécificité de leurs professions respectives.
2006 s'achève dans l'indifférence ministérielle...

En novembre 2007, le SNAT adresse cette fois sa requête directement à Mme la Ministre Roselyne BACHELOT, mais de longs mois continuent à passer sans même une réponse de courtoisie.

En guise de voeux 2008, les tatoueurs reçoivent la nouvelle par voie de presse en ligne : l'Académie de médecine vient de publier un rapport dressant un inventaire alarmiste sur les complications liées aux actes de tatouage et de piercing. Au terme d'une démonstration stigmatisante et dépourvue de cohérence, les sages de l'Académie demandent des mesures règlementaires sous la forme de dix recommandations. Entre autres incohérences, le rapport, qui fait preuve d'une ignorance totale de la situation, ne fait aucune distinction entre tatouage et piercing, et ne fait aucune mention de l'existence des syndicats qui oeuvrent pour la reconnaissance de leurs professions et pour la mise en place de règles sanitaires communes, alors même qu'un invité ministériel au groupe de travail ayant rédigé le rapport connait parfaitement l'existence des associations professionnelles.
Outre ces considérations extrêmement difficiles à accepter, un paragraphe particulièrement déconcertant, par son absence de justification dans un tel rapport et par son caractère calomnieux, fait spontanément réagir le SNAT, immédiatement suivi par l'opinion publique, les médias et les associations concernées : il expose les liens entre tatouage, piercing et "perception négative des conditions de vie, mauvaise intégration sociale, souci d’amélioration de l’image de soi, précocité des rapport sexuels avec grand nombre de partenaires, homosexualité, usage de drogues et consommation d’alcool, activités illicites et appartenance à un gang, mauvaises habitudes alimentaires."
Plusieurs démarches sont entreprises pour dénoncer ces propos, notamment une plainte, et la saisine de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité).
Les évènements s'enchaînent alors très vite :
Le 18 janvier 2008, SNAT et SPPF diffusent simultanément des communiqués de presse dénonçant les préjugés et le parti pris du rapport de l'Académie. Dans la foulée, le Ministère de la santé annonce la publication imminente de deux décrets.
Le 30 janvier 2008, le Président du SNAT reçoit un courrier de Julien Marion, Chef de cabinet ministériel. La missive fait écho à la requête de Tin-tin (novembre 2007 !) : le nouveau responsable du dossier tatouage/piercing déclare sans embarras avoir "le plaisir de vous annoncer que les réunions de travail auxquelles vous avez participé ont abouti à l’élaboration de deux projets de décret. Vos remarques ont, bien évidemment, été examinées à cette occasion." Le non-sens est à son apogée : bien entendu, les projets en question ne présentent aucune évolution de contenu par rapport aux textes consultés en décembre 2005. Il est par ailleurs intéressant de noter que la lettre du Chef de cabinet ne fait aucune mention du rapport de l’Académie...
Tin-tin répond donc immédiatement au Chef de cabinet pour lui faire part du sentiment et des réactions des tatoueurs français de ces derniers jours. Il rappelle à cette occasion que "c'’est en 1987 que les tatoueurs ont exprimé pour la première fois, auprès de Mme BARZACH, alors Ministre déléguée à la santé, leur souci de l’'hygiène et la nécessité de règles communes. Vingt ans après, nous restons convaincus de la nécessité d'’une régulation de nos pratiques." Dans la perspective d'obtenir une consultation sur la rédaction des arrêtés d'application à venir, le président du SNAT confirme une fois de plus son souhait d'une collaboration la plus étroite possible entre tatoueurs, pierceurs, médecins et législateur."
Le 20 février 2008, le décret fixant les conditions d'hygiène et de salubrité des pratiques du tatouage et de piercing est publié : le texte n'a subi aucune modification notable par rapport au texte consulté par le SNAT deux ans auparavant.
Le 4 mars 2008, le SNAT lance un appel à tous les tatoués et tatoueurs de France afin de protester contre un rapport et un décret aberrants.
Le 20 mars 2008, en réaction à cet appel, deux représentants de l'Académie de Médecine acceptent de rencontrer Tin-tin chez Maître Mercier, avocat du SNAT. Lors de cette entrevue, aucun argument significatif n'a été émis de la part de l'Académie de Médecine pour "justifier" les éléments absurdes du rapport rendu en décembre 2007. Les représentants de l'Académie ont été jusqu'à demander à Tin-tin de relire le rapport, prétextant que sa première lecture n'aurait pas relevé la mention des syndicats et de leurs actions... Après vérification, nous avons en effet constaté la mention des syndicats dans le document communiqué le jour de l'entrevue... Or, le rapport lu en janvier ne contenait pas cette mention ! Pour preuve, le document initial, toujours consultable (document au format .doc) à ce jour sur le site de l'Académie de Médecine ! Et outre ce "détail", le document reste inchangé sur tout le reste de son contenu...
Pour faire bonne figure, les représentants de l'Académie invitent Tin-tin à énumérer, par voie de courrier postal, tous les points de désaccord en vue de modifier éventuellement le contenu du rapport sur les points en question. Un courrier relevant les incohérences du rapport et démontrant la forfaiture de leurs rédacteurs est donc adressé à l'Académie de Médecine le 25 mars 2008... A ce jour, aucune réponse ni modification ultérieure du Rapport n'a été émise concernant nos points de désaccord, et encore moins sur les propos dénoncés. Le SNAT, n'étant qu'une modeste association de tatoueurs et ne prévoyant pas dans ses statuts la défense des homosexuels, son action en justice ne peut malheureusement aboutir...
Dans le même temps, les doléances des professionnels semblent enfin aboutir : la DGS indique aux syndicats leur participation prochaine à l'élaboration des arrêtés attendus.
Le 1er avril 2008, la première réunion de travail est organisée à la DGS : représentants du SNAT et du SPPF sont présents et entendus. Dans les semaines qui suivent, trois réunions s'enchaînent : la rédaction des textes avance et prend compte des remarques des professionnels. Cette fois, les efforts des syndicats portent concrètement leurs fruits.
Le 30 septembre 2008, la HALDE répond à notre saisine en qualifiant la discrimination dénoncée de simple "injure" et se déclare dans l'incapacité de donner suite à notre réclamation...

Le 13 décembre 2008, le premier arrêté d'application du décret du 19 février 2008 est publié : il concerne l'information préalable à la mise en oeuvre des techniques de tatouage et de piercing.
Le 26 décembre, c'est au tour de l'arrêté relatif à la formation obligatoire à l'hygiène.
Suit, le 7 janvier 2009, l'arrêté fixant les modalités de déclaration des activités.
Enfin, le 20 mars 2009, le dernier texte d'application est publié : il fixe les bonnes pratiques d'hygiène et de salubrité pour la mise en oeuvre des techniques de tatouage et de piercing. Dans leur majeure partie, les textes sont conformes aux conclusions des réunions de travail passées. Les bonnes pratiques d'hygiène sont basées sur les chartes déjà diffusées par le SNAT et le SPPF.

Dès février 2009, ne relâchant pas sa vigilance et gardant un oeil attentif sur les premiers pas de la nouvelle règlementation sanitaire sur le terrain, le SNAT se tourne de nouveau vers le Ministère de la santé pour lui signifier ses préoccupations, notamment concernant la mise en place de la réglementation sur le terrain et la formation obligatoire à l'hygiène.
Mme Marie-France AUZEPY-DUFAU, alors responsable ministérielle du dossier, prend particulièrement au sérieux ces préoccupations. Pendant plusieurs mois, elle est l'interlocutrice privilégiée des syndicats, avec qui elle communique de manière soutenue afin de faire avancer le dossier.
Le 17 septembre 2009, elle convoque les syndicats afin de faire le point sur la règlementation et les difficultés rencontrées localement. Elle annonce par ailleurs son retrait du dossier pour raisons personnelles, et le confie au Dr Chantal DUMONT, également présente. Le problème des tatoueurs étrangers sur les conventions de tatouage est également largement discuté. Un report de 6 mois pour l'exigibilité de la formation obligatoire est obtenu, mais n'aboutira finalement pas à une publication officielle, le Ministère de la santé étant trop occupé par une actualité sanitaire toute autre (notamment la grippe A)... Toutefois, une circulaire du 9 juillet 2009 repousse l'exigibilité de l'attestation de formation par les DDASS (préfectures) du 26 décembre 2010 au 26 décembre 2011. Compromis ubuesque mais qui permet aux tatoueurs déjà en activité depuis plusieurs années de prendre le temps de choisir leur organisme de formation.

Janvier 2010 donne une impulsion nouvelle au SNAT. Un nouveau site web plus complet est mis en ligne, et un forum privé est mis à disposition des membres professionnels. Cette année signe le passage symbolique des 500 adhérents : le syndicat est de plus en plus présent sur les conventions, et des organismes de formation tels que Tatouage 21 profitent des sessions de formation pour sensibiliser les professionnels à l'importance d'adhérer.
Une rencontre des organisateurs de convention est organisée à l'occasion de la 3ème Convention de tatouage de Toulouse : y sont représentées les conventions de Toulouse, Belfort, Dijon, Tours, Nîmes, Nantes, Paris, Auxerre, Lyon, Chalon-sur-Saône, La-Roche-sur-Yon, Bordeaux et Liancourt. A son issue, Patrick Chaudesaigues tatoueur membre du SNAT, bien que n'organisant pas d'évènement, mais connaissant les contraintes des conventions et lui-même impliqué dans certaines d'entre elles au cours des dernières années, y est désigné pour représenter les organisateurs de conventions et intervenir auprès du Ministère de la santé sur la problématique des tatoueurs étrangers sur les conventions françaises, à qui la loi française impose une formation obligatoire à l'hygiène de 7 heures pour chaque convention, ce qui en l'état signifie la mort potentielle de plusieurs évènements français...
Hasard ou coïncidence, quelques jours après cette rencontre, l'arrêté fixant cette formation de 7 heures est publié au Journal Officiel (le 3 février 2010).
Le 27 avril 2010, Patrick Chaudesaigues et le Dr Christian Cruzel, membre d'honneur du SNAT, se déplacent à la DGS et obtiennent que le texte soit de nouveau modifié afin de rendre définitive la formation des tatoueurs étrangers pour toutes les conventions.
Les administrations sanitaires locales sont dans le même temps en pleine restructuration : les DDASS et DRASS disparaissent au profit des ARS (Agences Régionales de Santé), ce qui n'est pas sans répercussion sur l'organisation des équipes ministérielles... Mme le Dr DUMONT quitte d'ailleurs notre dossier suite à la réunion du 27 avril. La DGS indique au SNAT qu'un nouveau chef de bureau doit prendre ses fonctions vers la mi-juin 2010, mais c'est le début d'une longue attente sans nouvelle du Ministère de la santé... L'histoire se répète !

Au cours de l'année 2010, les efforts du SNAT s'orientent sur plusieurs axes, appuyés par le soutien volontaire et bénévole de plusieurs membres actifs :
# Rédaction d'une nouvelle Charte permettant à chaque tatoueur membre de s'inscrire dans une démarche éthique et artistique. Aboutissement de neuf mois de travail collaboratif sur le forum privé du SNAT, ce document apporte une définition du tatouage artistique et de l'artiste tatoueur, et constitue ainsi un nouvel élément d'argumentation en vue de la reconnaissance de ces définitions. Par son adhésion, chaque membre s'engage à la respecter et est encouragé à l'afficher sur tous supports en lien avec son activité : studio professionnel, site internet, réseau social, etc. ;
# Campagne d'information et de prévention sur le tatouage clandestin et/ou à domicile (le tatouage au domicile des clients est rendu illicite par l'arrêté du 11 mars 2009) ;
# Etude de propositions d'assurance en RC pro. Au terme d'un an de travail, l'absence de réponse satisfaisante et cohérente sur certains aspects des contrats présentés amène le bureau à renoncer à l'idée de cautionner tout contrat d'assurance professionnelle. Le SNAT recommande aux tatoueurs de rester particulièrement prudents quant aux propositions commerciales dont ils pourraient faire l'objet, notamment sur les clauses restrictives des contrats, le montant des primes (soumis ou non au CA), et la présence ou non d'un bonus en cas d'absence de sinistre.
Rencontres avec l'AFSSAPS pour consulter le SNAT sur les questions d'exigences réglementaires et de conditionnement des produits de tatouage.
C'est également en 2010 que le SNAT se montre plus présent sur les conventions de tatouage, dont il défend les intérêts au même titre que les tatoueurs et leurs studios. Suite à la rencontre des organisateurs à Toulouse, la plupart rejoignent progressivement le syndicat par une adhésion professionnelle, prenant conscience que la pérennité des évènements liés au tatouage ne peut être assurée que par une cohésion professionnelle. Sur le principe du volontariat et du bénévolat, plusieurs représentants se relaient sur des stands d'information mis à disposition sur les différentes conventions françaises. Il s'agit à la fois de promouvoir et défendre le SNAT auprès des professionnels présents, accueillir d'éventuelles adhésions, et répondre, dans la mesure du possible, aux questions du public, des pros et des futurs pros. C'est aussi et surtout l'occasion, pour les adhérents, de disposer de points de relais et de se retrouver entre membres le temps d'un week-end.

Le 10 juin 2010, le bureau tient pour la première fois son Assemblée Générale à Paris, et choisit de rassembler ses membres dans le cadre exceptionnel du Rosa Bonheur, en plein coeur du Parc des Buttes Chaumont. La formule, très appréciée des membres présents, a pu être réitérée le 23 juin 2011.

Malgré le silence radio du Ministère de la santé, 2011 se déroule dans la continuité des efforts précédents. Les membres "actifs" du SNAT se montrent de plus en plus nombreux, manifestant ainsi le désir de prendre une part active, d'une manière ou d'une autre, à ces efforts. Plusieurs tatoueurs réalisent notamment illustrations de "propagande" et BD thématiques, dont certaines sont publiées dans la presse spécialisée française, qui soutient unanimement les actions du syndicat en offrant dans leurs pages des espaces de communication. Tatouage Magazine, Rise Tattoo Magazine et Inked France deviennent ainsi membres d'honneur du SNAT.
Un des évènements clés de cette année est la formation des Pharmaciens Inspecteurs de Santé Publique. Désormais interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, le SNAT intervient lors du stage annuel des PHISP à l'Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique (Rennes), à la demande de la coordinatrice des deux journées thématiques "tatouage et piercing". Cette intervention primordiale permet d'instaurer un climat de confiance avec les inspecteurs chargés de contrôler les studios, en leur présentant de manière exhaustive et concrète la pratique du tatouage. Vivement saluée par les stagiaires, elle met notamment l'accent sur l'implication des professionnels dans leur travail quotidien en matière d'hygiène et de salubrité. Sur la suggestion du SNAT, le SPPF est également convié à participer à ce stage pour présenter plus spécifiquement la pratique du piercing.

Parallèlement à ces différents travaux, le syndicat continue d'oeuvrer pour la défense et la reconnaissance du tatouage artistique et créatif en France, afin de faire reconnaître le tatoueur créatif comme un artiste à part entière auprès de l'État et du fisc. Les différents dossiers juridiques des adhérents suivis depuis 2003 confirment que les arguments cumulés par les tribunaux contre l'acceptation du tatouage en tant qu'art se contredisent plus que jamais, et confortent ainsi la position du syndicat. Les nouveaux recours ouverts par les démonstrations successives concernant l'oeuvre d'art et son support, le corps humain, permettent d'insister sur la démarche artistique et créative.
Dans cette optique, les tatoueurs membres dont de plus en plus nombreux à afficher la nouvelle Charte du SNAT dans leurs locaux, afin d'affirmer cette démarche auprès de leurs clients.

En 2012, le SNAT répond de plus en plus à de nouveaux besoins : Guider ses membres pros sur différents aspects de la réglementation, prévenir certains litiges avec les clients, relayer les sollicitations des médias et des administrations locales, répondre aux multiples questions des adhérents, informer le public...
Un appel à lettres aux élus est lancé à l'automne afin de pallier au nouveau silence du Ministère de la santé depuis 2010.

2013. L'histoire de 2008 se répète : Le SNDV (Syndicat de dermatologues) publie un communiqué alarmiste sur la composition des encres. Quelques semaines plus tard, l'annonce fait l'effet d'une bombe dans le monde du tatouage : L'arrêté du 6 mars 2013 fixe la "liste des substances qui ne peuvent pas entrer dans la composition des produits de tatouage."
Obtenant rapidement une rencontre au Ministère de la santé, le SNAT pointe d'emblée la confusion d'interprétation sur la lecture des colorants interdits et autorisés : La DGS s'engage à demander une clarification du texte à l'ANSM, qui maintient pourtant la confusion dans les mois qui suivent. Un délai d'application est cependant obtenu afin de permettre aux professionnels de réfléchir à la problématique qui laisse augurer la suppression d'environ 90% des couleurs habituellement en usage et conformes aux normes européennes...
La situation génère une crise sans précédent à l'approche du 31 décembre : L'ANSM campe sur ses positions, mais c'est sans compter la persistance du SNAT à dénoncer la langue de bois de l'administration. C'est finalement le formidable lobbying politico-médiatique entretenu jour après jour par le syndicat, et la mise en lumière d'une "faille juridique" à quelques jours de l'échéance fatidique qui amènent le Ministère de la santé à confirmer, sans daigner admettre toute erreur ou confusion de la part de l'ANSM, que "tout ce qui n'est pas interdit est donc autorisé."
La pirouette administrative conclut des semaines de polémique au terme desquelles le SNAT refuse de céder par une quelconque récupération complaisante... Mais les couleurs sont sauves !

2014. Fort du soutien de plus de 1200 membres, le SNAT continue de se battre pour le statut d'artiste tatoueur, cheval de bataille juridique du SNAT depuis sa création : Il lance une pétition visant à ouvrir un dialogue avec les pouvoirs publics sur les questions du statut et de l'accès au métier...


MaJ 29/01/2014
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Tatouage Magazine n°48, janvier-février 2006