Capitaine James Cook


Dessin d'un chef maori
(Parkinson, 1784)
suite au premier voyage de Cook





Pour commencer, une (très) brève histoire du tatouage...

Savez-vous que les traces les plus anciennes de cette pratique ont été relevées sur le corps d'un homme vieux de 5300 ans ?

Universel et ancestral, le tatouage a marqué les plus grands peuples du monde, des Celtes aux Japonais en passant par les Egyptiens ou les Polynésiens. Tour à tour rite initiatique, signe d'identité ou marque protectrice, il a presque disparu des traditions tribales pendant quelques siècles, pour réapparaître dans les souvenirs des voyageurs et des explorateurs du 18ème siècle... C'est notamment en 1769 que le Capitaine James Cook "découvre" le tatouage dans le Pacifique : dans les années qui suivent, les tatouages fleurissent sur les peaux des marins qui succombent à la coutume tahitienne.
L'usage se propage alors rapidement chez les hommes de la mer qui introduisent ainsi la pratique en Occident. Apanage des matelots et des soldats, mais aussi des hommes phénomènes et des "mauvais garçons", jusque dans les prisons, le tatouage se développe en marge de la société occidentale. Puis, peu à peu, les techniques s'échangent et évoluent, la pratique se professionnalise lentement : les premières échoppes apparaissent à la fin du 19ème siècle.

La grande révolution du tatouage a lieu en 1891 à New York : Samuel O'Reilly invente la première machine à tatouer électrique. La maîtrise de cette mécanique et de ses réglages devient alors indispensable au tatoueur moderne, et les petits secrets techniques s'échangent dans les milieux restreints...
L'Europe voit les premiers vrais studios de tatouage s'ouvrir au milieu du 20ème siècle. Ils ne commencent à se généraliser qu'à partir des années 70/80 : ce sont alors les bikers, rockers et autres punks qui prennent le relais des marins et des taulards. Le tatouage renaît mais reste, pour quelques années encore, l'attribut d'une population marginale.

C'est au cours des années 90 que la mode récupère finalement le tatouage : les mannequins s'en parent, les dessins corporels apparaissent dans la publicité, le cinéma, les clips musicaux ainsi que dans la plupart des arts graphiques...
Le tatouage d'appartenance et de protestation devient personnel et esthétique. Les amateurs de décoration corporelle se multiplient, le nombre de boutiques explose : en France, contre 15 boutiques ouvertes en 1982, plus de 400 existent en 2000, et peut-être plus de 1500 dix ans plus tard !
Le matériel et les techniques ont considérablement évolué, les conditions d'hygiène se sont calquées sur les modèles des professionnels de santé et sont désormais réglementées : utilisation de gants à usage unique, stérilisation par autoclave, aiguilles stériles à usage unique, asepsie des instruments, etc.

Mais par dessus-tout, les graphismes se sont considérablement perfectionnés en l'espace de quelques années, laissant émerger des créations totalement novatrices chez certains tatoueurs. Parallèlement à ce foisonnement créatif, les styles tribaux sont redevenus populaires, autant chez les civilisations traditionnelles que dans les sociétés occidentales.

Quelles que soient les raisons qui nous poussent à nous faire tatouer, et quel que soit le type de motif ou de dessin encré, l'endroit du corps, notre manière de le montrer ou au contraire de le cacher, on ne peut ignorer la démarche artistique qui accompagne, de manière plus ou moins marquée, chaque projet de tatouage.
C'est dans cet état d'esprit que le SNAT revendique le droit des tatoueurs à être reconnus en tant qu'artistes.
Les quelques conseils donnés ci-dessous s'inscrivent dans cette perspective !





L'IDÉE, POINT DE DÉPART DU PROJET
Si vous êtes déjà tatoué, cette étape est peut-être facultative. Si c'est votre première expérience, vous avez peut-être même une vision assez précise de ce vous souhaitez. Dans le cas contraire, il est important d'avoir une amorce à votre projet, autrement dit une idée plus ou moins nette de ce que vous envisagez de vous faire tatouer. Que votre démarche soit plutôt symbolique ou purement esthétique, déterminer cette idée permettra au tatoueur de la traduire pour construire votre tatouage.
N'hésitez à rassembler une petite documentation qui aidera le tatoueur cherchera à cerner vos attentes. Magazines et ouvrages dédiés au tatouage constituent une ressource intéressante, mais puisez largement dans toutes les sources d'inspiration : Beaux-livres, BD, peinture, cinéma, magazines divers... Votre médiathèque locale recèle probablement de vrais trésors insoupçonnés !

LE BOOK DU TATOUEUR
Que votre projet soit défini ou encore vague, il faut vous assurer des compétences techniques et artistiques du tatoueur. Pour cela, nul besoin d'être un expert : visiter plusieurs studios et prendre le temps de feuilleter le book de chaque tatoueur suffit pour commencer à aiguiser son jugement. Un tatoueur qui refuse de présenter un book de ses photos (et non de photos de tatouages réalisés par d'autres) peut d'emblée vous inspirer méfiance. Un artiste sûr de lui est toujours fier de montrer ses réalisations. C'est lui qui va créer votre tatouage : une confiance absolue dans son travail est donc essentielle.

LES CONVENTIONS DE TATOUAGE
Si vous avez l'occasion de visiter une convention de tatouage - la France propose de nombreux évènements annuels -, ne la ratez pas : Vous aurez l'opportunité d'y découvrir de grands noms du tatouage et des tatoueurs moins connus mais non moins talentueux. C'est un excellent moyen pour repérer de nombreux styles et qualités de réalisations différentes, et du coup d'affiner votre regard citique sur les tatouages afin de préciser lequel de ces artistes pourra répondre à votre projet. En l'espace d'un week-end, vous pourrez à la fois feuilleter des dizaines de books, voir des oeuvres "sur pièce" pendant les concours de tatouage (où un jury attribue des prix aux plus belles réalisations), peut-être rencontrer un ou plusieurs tatoueurs, et pourquoi pas repartir avec votre tatouage encré !

SUR LA TOILE !
S'il vous est difficile de vous déplacer dans un premier temps, le réseau Internet est suffisamment riche pour vous permettre une découverte en douceur et à domicile des artistes et des styles.
La consultation de la liste de nos membres vous permettra déjà de découvrir une grande diversité de travaux différents dans toutes les régions de France. Vous pourrez approfondir votre recherche via les réseaux sociaux et les annuaires en ligne.
Le SNAT ne représente ni un label, ni un gage de qualité : Cependant, notre Charte engage chacun de nos membres dans une démarche artistique et personnalisée avec chaque client. N'hésitez pas à demander à votre tatoueur s'il respecte cette charte !
Quelques forums en ligne proposent de vous indiquer de "bonnes adresses", mais rien ne vaut votre propre point de vue construit sur votre recherche personnelle. Visiter des centaines de galeries de photos de tatouages, ça prend du temps mais ça n'a rien de désagréable ! Et c'est grâce au temps consacré à cette étape de votre démarche vers le bon tatoueur que vous augmenterez vos chances de faire le bon choix.

SE DÉPLACER POUR ALLER AU MEILLEUR ?
S'il est vrai qu'il peut être judicieux de confier votre épiderme à un artiste éloigné parce que votre projet le justifie (réalisation exigeante nécessitant la destérité d'un spécialiste, graphisme particulier propre à un artiste, etc.), il faut cependant admettre que vous avez de grandes chances de trouver votre bonheur à moins d'une centaine de kilomètres de chez vous.
En revanche, s'il peut vous sembler logique d'aller au plus proche, nous ne pouvons que vous encourager à pousser la porte des autres studios alentours, ne serait-ce que pour feuilleter les books et vous faire une idée de l'atmosphère ambiante. Personne ne vous obligera à dévoiler votre projet lors de cette première visite, et les tatoueurs seront même certainement ravis que vous vous intéressiez à leur travail... Peut-être qu'après avoir visité cinq ateliers vous retournerez finalement au premier, mais au moins vous saurez pourquoi !

UN TATOUAGE COÛTE CHER...
S'il est légitime de vouloir connaître le budget à consacrer à votre futur tatouage avant de prendre rendez-vous, évitez de le considérer comme un critère de choix : un bon tatoueur n'est pas forcément cher, mais a contrario un tatoueur qui pratique des prix vraiment peu élevés compense peut-être un manque de talent manifeste...
Le tarif annoncé pour un motif donné peut varier d'une enseigne à l'autre : la qualité du travail et parfois une certaine renommée justifient ces variations. N'en déduisez cependant pas que des tarifs élevés garantissent le résultat. Vous l'aurez compris, le prix est un mauvais indicateur... Le contexte géographique est également à prendre en compte : les charges d'une boutique ne sont pas les mêmes à Paris et dans une petite ville de province.
Quoi qu'il en soit, il est particulièrement déplacé de tenter de marchander avec un tatoueur le prix annoncé : c'est tout-à-fait irrespectueux de son travail. Si vous estimez que le tarif est exagéré, le mieux est de décliner poliment la proposition et d'aller éventuellement solliciter un autre professionnel. C'est encore le meilleur moyen de comparer à la fois les books et les tarifs. Si vous êtes convaincu de votre choix mais que votre bourse ne vous autorise pas à la dépense, le meilleur conseil que nous puissions vous donner est de faire preuve de patience et de réaliser l'économie nécessaire à la réalisation de votre projet : vous ne le regretterez pas !

L'HYGIÈNE
Depuis 2008, des règles sanitaires strictes - détaillées sur notre page dédiée à la réglementation - sont appliquées dans l'ensemble des studios de tatouage professionnels en France, qu'il s'agisse de boutiques ayant pignon sur rue ou d'ateliers privés (attention, le tatouage à domicile est interdit !).
Heureusement, les tatoueurs n'ont pas attendu cette réglementation (demandée par eux-mêmes depuis plus de 30 ans !) pour se former aux questions de l'hygiène et adapter au mieux leurs pratiques. Le SNAT a d'ailleurs formalisé cette volonté d'une régulation commune en diffusant, dès sa création en 2003, une Charte d'hygiène (archive PDF). Charte qui a servi de modèle à l'élaboration de la réglementation actuelle.
Le tatouage, qui implique une effraction cutanée, constitue une porte d'entrée potentielle pour les agents infectieux, au moment de la séance mais également pendant toute la période de cicatrisation qui suit. C'est pourquoi il est essentiel de suivre à la lettre les conseils de soins indiqués par votre tatoueur : c'est lui qui vous tatoue, il est a priori le mieux placé pour savoir comment soigner votre tatouage.


Pour en savoir plus sur les questions abordées sur cette page :



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Machine électrique dessinée par Samuel O'Reilly en 1891

Machine à tatouer moderne
ou "dermographe"